Le projet Scolopendre capitalise sur les enseignements tirés d’une expérience pilote menée à la ressourcerie La Petite Rockette depuis l’année 2015, pour être exporté dans le Xème arrondissement de Paris, dont nous sommes riverains et que nous connaissons bien. Scolopendre a ceci de particulier qu’il se focalise sur les déchets des particuliers en milieu urbain, pour usiner de nouveaux objets et machines, directement réinjectés dans l’économie locale après un recyclage en atelier.

Il participe des valeurs fortes associées à l’économie circulaire revisitées par le mouvement make 

  • créant un espace de production local grâce aux machines outils mises à disposition, table de découpe CNC polyvalente, fraiseuse à commande numérique d’établi et imprimantes 3D, qui attireront les riverains dans nos locaux. Ces machines-outils sophistiquées pourront servir au design numérique et et à l’extension des productions artisanales  ;

  • promouvant l’innovation : prototypage de produits duplicables, en recyclant les déchets assez uniformes de la société de consommation. L’open-hardware from scrap relevant du pôle RésilioLab est conçu comme une méthodologie de production d’objets et de machines utiles et utilisables, réalisés à partir des matières premières ou sous-ensembles fonctionnels offerts par les objet déchus. Cette méthode permettra d’abaisser les coûts marginaux de fabrication, dans la mesure où les biens ne supposeront pas d’investissement préalable pour les utilisateurs. Ce concept innovant représente la « marque de fabrique » du projet que nous proposons, inspiré de l’économie collaborative et open source de la sphère du développement logiciel ;

  • développant une approche par le faire, par la création d’un pôle pour « fabriquer des makers », le ScoLab. Il nous est essentiel de former les visiteurs au maniement des machines outils, au design numérique, et à l’utilisation de nouveaux matériaux (plastiques recyclés, mycelium, kombucha notamment). Ce pôle a vocation à développer une méthodologie pédagogique basée sur une compréhension factuelle plutôt que théoriques des modes de transmission des connaissances, plus proches des savoirs faires pratiques. C’est en acceuillant les publics avec ouverture et bienveillance, et en prenant le temps de sensibiliser à l’apprentissage des machines outils, que l’approche do it together stimulera l’empowerment citoyen sur l’appropriation des savoirs et des outils.

Pour ce faire, Scolopendre a pour ambition d’impliquer tout un écosystème d’acteurs variés :

  • puisant dans le fécond bassin socio-culturel du Xème, au carrefour de différentes communautés, Scolopendre pourra tirer bénéfice de la diversité des publics riverains ancrés dans l’arrondissement. Il aura également l’avantage d’attiser la mixité des publics grâce aux fréquentations de la ressourcerie La Bricolette, avec des visiteurs in fine plus variés que dans la majorité des maker space souvent limités à des milieux aisés ;

  • en favorisant des partenariats divers allant de la société civile aux entreprise et associations locales. Scolopendre a pour visée d’intégrer les acteurs locaux des sphères productives et artisanales pour porter l’envie de trouver et d’utiliser des alternatives innovantes aux instrument usuellement déployés de recours à des prestataires industriels. Il est également important pour nous de nourrir des liens concrets avec les écoles et établissements éducatifs, pour inspirer le goût de la réalisation des acteurs-consommateurs de demain ;

  • en faisant intervenir des établissements d’enseignements supérieurs, fondamentaux pour l’innovation. Scolopendre s’investi de l’office de proposer aux étudiants de grandes écoles (AgroParisTech, l’ENSI…) de donner vie à leurs projets innovants. Dans cette optique, nous sommes déjà soutenus par deux chercheurs renommés :

    • Bruno Villalba, directeur du Master “Gouvernance de la transition écologique” d’AgroParisTech, avec lequel un partenariat direct est à l’étude pour 2017
    • Baptiste Monsaingeon, chercheur en socio-anthropologie, spécialiste des déchets, au centre Alexandre Koyré (EHESS) est également un partenaire de premier plan de notre projet

Notre projet capitalise sur une expérience prometteuse : le couplage avec une ressourcerie 

Le projet a été éprouvé lors de deux années d’expériences prometteuses conduites au Hacker space de la La Petite Rockette :

  • La convivialité du cadre de la ressourcerie fut fondamental pour inspirer l’envie de réaliser ensemble des projets variés. Par ailleurs, la proximité de la ressourcerie permettai un approvisionnement constant en matières premières, limitant les coûts d’achats et le gaspillage. Le projet de couplage est donc un outil inédit de relocalisation de la production à partir des déchets, et participe de la résilience locale face aux enjeux de la transition écologique. Celui-ci permet d’ailleurs d’inscrire notre projet dans l’une des propositions importantes du Plan Paris Cité des Makers : celle du développement d’un label  ‘Made in Paris’ ;

  • En autorisant des modalités inédites d’action sur les déchets (telles que le retraitement citoyen, la réparation spécialisée, la récupération et réutilisation des sous-ensembles fonctionnels de certaines machines, le prototypage de machines visant à optimiser les capacités de traitement de la ressourcerie), le couplage de nos deux structures a permi de fortement diversifier les activités proposées au public dans les structures de réemploi ;

  • Cet environnement a permi de développer l’innovation collective, avec quelques réalisations phares :
    • Mise au point DIY de process de recyclage des plastiques (ABS, HDPE) :
      • réalisation d’un banc d’extrusion des plastiques
      • réalisation d’un process de recyclage thermo-formé par roto moulage
  • Biodégradation de polystyrène (PS)